Espaces de coworking

Quand la sphère publique soutient le coworking: l’exemple de la France

La Cantine, Paris

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Par rapport aux autres pays européens, la France fût un temps à la traîne dans l’aventure coworking. Mais depuis quelques années, le pays a largement rattrapé son retard, accueillant de grands évènements comme la conférence européenne du coworking en 2012. Avec à ce jour plus de soixante espaces de coworking, la France connaît maintenant une véritable explosion du nombre de création d’espaces sur son territoire. La plupart du temps, les espaces de coworking émergent spontanément d'un contexte donné. D'autre part, de plus en plus de pays européens souhaiteraient intégrer le coworking comme partie intégrante de leur politique publique. C’est le cas de la France où les pouvoirs publics ont soutenu le développement du coworking depuis ses premiers pas. Est-ce la preuve qu’il est aussi possible d’innover avec l'acteur public?

Les collectivités locales ainsi que les agences de développement, telles que la Fonderie en île de France, ont soutenu le mouvement du coworking depuis plusieurs années par des appels à projets et par l’organisation d’évènements. Nouveau, soutenant l'entreprenariat et l'économie numérique, le coworking est devenu le nouvel outil des politiques publiques de développement économique. Deskmag s’est entretenu avec la Cantine et Mutinerie, deux pionniers du coworking à Paris. Nous leur avons demandé de quelle manière la sphère publique s’est jusqu'ici impliquée dans le développement du coworking en France. 

Quand les collectivités soutiennent le  coworking

Pour la France, l’aventure démarre à Paris, et c’est naturellement là que la sphère publique s'est le plus engagée dans le développement du coworking. La Fonderie, l’agence numérique liée au conseil régional d’île de France, a en effet grandement contribué à structurer le mouvement, notamment grâce l’organisation et la promotion d’évènements qui ont pu connecter les différents acteurs et communautés du coworking. En 2012, la Fonderie a soutenu deux évènements importants sur Paris. Le premier a une portée internationale, c'est la conférence européenne annuelle du coworking. Le second a une portée nationale, c'est le Coworking Week End, un évènement s’étant donné pour but d' « upgrader la communauté française du coworking  en trois jours ». De même, à la suite d’un appel à projet en 2012 par la Fonderie, la région île de France financera en partie 14 projets de télécentres et d’espaces de coworking, pour un budget total de 830.000 euros. Le volet 2013 inclut un budget d’un million d’euros.

« On a constaté un vrai décollage du mouvement coworking il y a maintenant deux ans », déclare Nathanael Sorin-Richez, responsable de la Cantine par l’association Silicon Sentier, premier espace de coworking ouvert en France et en île de France. En tant qu’association, la Cantine a été en partie financièrement soutenue par la région île de France et par la mairie de Paris, depuis ses débuts en 2008.

Le coworking en tant qu’outil de développement économique

Le ministère de l’industrie (DGCIS) a lui-même reconnu le coworking comme étant un important facteur d’innovation et de développement économique. La DGCIS a même encouragé la dissémination du modèle de la Cantine au niveau national. Après quelques années, le concept de Cantine a été répliqué dans d’autres régions françaises, grâce au soutien des collectivités publiques locales qui ont vu dans ce modèle, une source de développement économique pour leurs territoires.  

«Cantine», qui est maintenant un label, a permis d'établir à ce jour un réseau de 5 cantines sur Paris, Nantes, Toulouse, Toulon et Rennes. Ce modèle représente aussi un exemple réussi de collaboration entre espace de coworking, décideurs publiques et partenaires privés. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’espace de coworking de Silicon Sentier ne représente qu’un seul service parmi les nombreux autres généralement proposés par les cantines. Les cantines se veulent au service d’un écosystème local et proposent l'organisation d’évènements, des formations et de collaboration pour les acteurs du numérique et de l’innovation. « Les subventions nous permettent de développer des actions d’intérêt général », déclare Nathanaël.   

Associations ex nihilo et soutien public

Alors que la plupart des espaces de coworking en Europe sont encore des initiatives privées lancées selon une logique « bottom up », la situation en France est plus diverse. Selon une étude de 2008 menée par Silicon Sentier et TVT INNOVATION, sur les 17 principaux espaces de coworking étudiés, seuls six étaient des initiatives purement privées. Les autres ayant été portés par des partenariats public/privé (trois espaces) ou par des associations (huit espaces). Même aujourd’hui, il n’est pas rare que nombreux projets d’espaces de coworking soient conçus sur la base de partenariats publiques/privés de long terme.

Jusqu'ici, de nombreuses d’associations « ex nihilo » se sont constituées autour d’un projet de coworking. La forme associative présente en effet certains avantages. Elle permet entre autres d’affirmer une certaine crédibilité en regroupant différentes entités telles que des acteurs publiques, des grandes entreprises, des agences de développement économique ainsi que des pôles de compétitivités. Ces associations souhaitent ainsi représenter un certain écosystème local, montrer qu'elles opèrent dans une logique d’intérêt général, condition nécessaire pour un soutien financier des collectivités publiques.

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