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L'acteur public doit-il vraiment financer les espaces de coworking ?

Gangplank à Chandler

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L'acteur public est désormais prêt à participer au financement des espaces de coworking, notamment par des appels à projets ou par des partenariats. Mais du côté des espaces, comment parvenir à rester indépendant, et éviter d'être sous perfusion de subventions publiques ? Espaces, porteurs de projets et acteurs publics tentent le rapprochement et peut-être verra-t-on même un jour de nombreux fonctionnaires migrer vers ces espaces et boire leur café matinal avec des entrepreneurs. Mais en attendant de telles rencontres, Deskmag a interviewé trois espaces pour comprendre comme la sphère publique parvient à s'intégrer dans la dynamique du coworking.

Deskmag a choisi trois modèles différents pour aborder la question du financement public. L’appel à projets Creative Wallonia et son volet coworking, le modèle de Gangplank et son partenariat avec la ville de Chandler, et enfin deux espaces de coworking de Tel Aviv entièrement financés et coordonnés par la municipalité.

L'unique faiblesse des appels à projets

En 2011, la Belgique a lancé le programme Creative Wallonia afin de soutenir l'économie créative dans la région  Wallonne et « engager la génération spontanée » de groupes d'innovateurs. Au travers d'appels à projets, le programme a permis, entre autres, de soutenir la création de huit espaces de coworking. « Nous avons cherché à construire notre communauté avant d'avoir la subvention ainsi que l'espace... l'existence d'une communauté a été appréciée par le programme », déclare Pierre-Yves Gilson, co-fondateur de l'espace La Forge à Liège. Pendanttrois ans, Creative Wallonia finance ces espaces de coworking à hauteur de 50.000 à 100.000 euros par an. Les dépenses éligibles incluant l’animation, la promotion, l’administration, le mobilier, et l’équipement. A la Forge, outre l’équipement, ce soutient a permis de créer un emploi dédié à l'animation de l'espace. 

Néanmoins, Creative Wallonia souffre sans doute aussi de la faiblesse de tous les appels à projets de ce type. Parmi les huitespaces, La Forge fût le seul projet porté par des entrepreneurs. Selon son co-fondateur, Creative Wallonia avait une bonnecompréhensionducoworking compte tenu de la nouveauté de ce concept,mais la plupartles porteurs de projetsontdécouvert ce qu'était ou pourrait être le coworking, au moment même où le programme démarrait. La plupart des projets ayant été portés par des initiatives de typescentres d'affaires et des groupements de structures publiques, l'approchede ces groupesdevaient nécessairementêtredifférente de celle de La Forge.

Une différence d'approche dans la vision même du coworking tout d'abord. L'animation du lieu a pu être sous-estimée par certains projets au début du programme, même si Pierre-Yves Gilson souligne que certains espaces ont très vite réalisé cet aspect primordial: « Un espace a créé un poste d'animateur dès le démarrage… un autre a décidé un peu plus tard de faire appel au privé pour s'occuper de l'animation, cela fait partie des bonnes pratiques. »
L'approche fût aussi différente en raison du business model. Certaines structures disposant déjà de subventions, ce sont lancées dans l'appel à projets. Dès lors, la viabilité de l'espace de coworking n'est pas aussi décisive que s’il avait initié par des entrepreneurs qui prendraient un risque beaucoup plus grand en cas d'échec.

Rester indépendant

Les huit espaces sont labélisés du nom du programme. Ainsi, chaque espace financé doit communiquer sur le nom « Creative Wallonia ». Ce qui peut être un avantage mais aussi un inconvénient, car cette image peut être un frein pour certains entrepreneurs voulant venir travailler dans un espace de coworking. « Nous devons travailler sur notre l'image, car nous étions souvent assimilés à une structure publique, alors que nous sommes une entreprise privé», ajoute Pierre-Yves. 

Ce dernier poursuit en déclarant que le programme a été une véritable « bouffée d'oxygène », mais souhaite néanmoins atteindre au plus vite l'équilibre pour ne plus être dépendant de subventions. Celles-ci doivent être stabilisées pour représenter 49% du financement de l'espace. La Forge compte sur l'augmentation du nombre de coworkers pour compenser naturellement la fin de cette subvention. Enfin, après avoir été sélectionné par Creative Wallonia, La Forge a adopté un statut juridique de coopérative, une structure qui, selon son co-fondateur, est on ne peut mieux adaptée à l'esprit coworking et permettra aux coworkers qui le souhaitent de rejoindre la structure et participer au financement des projets: « les entrepreneurs comme les espaces de coworking ne veulent pas se retrouver coincés par des aides. Ils ont plus besoin de coup de pouces ponctuels, et de stimulations, que de prise par la main ».

Vers des partenariats non contraignants

De tels espaces n'existaient quasiment pas lorsque Gangplank s'est installé en Arizona. C'était quelque chose de nouveau, et d'autant plus pour les pouvoirs publics. Ouvert en 2008, Gangplank, dont la devise est « coworking done right »,  a ouvert un ensemble d'espaces dans l'Arizona, la Virginie et l'Ontario. Mais ces derniers se positionnent plus comme des espaces de travail collaboratifs que comme des espaces de coworking classiques.

Autre spécificité, Gangplank est un organisme à but non lucratif. Trish Gillam, directrice exécutive de Gangplank, affirme que les gens venant dans son espace, souhaitent davantage travailler et collaborer avec d'autres personnes que partager les coûts d'un bureau.C'est pourquoidans cet espace, l'accès est gratuitet les membres payent avec leur « capital social ». Plus concrètement, les membres donnent de leur temps dans l'animation, la gestion de l'espace, voire même parfois dans certains projets proposés par la municipalité.

Depuis trois ans, la ville de Chandler donne assez de fonds à Gangplank pour couvrir le loyer du bâtiment ainsi que certains frais, telle que la connexion internet. « Nous avons un contrat plutôt léger avec la ville, presque tacite. Sur une période cinq ans, nous nous sommes uniquement engagés à organiser un certain nombre d'évènements. Mais nous aurions organisé ces évènements quoi qu'il arrive », explique Trish Gillam.

La ville de Chandler a reconnu Gangplank comme participant au développement économique de la ville, même si son aide demeure inférieure à celle allouée à d'autres associations de la région. Ce qui n'est pas nécessairement un désavantage: « au final, nous pouvons dire que nous n'utilisons pas l'argent pour des choses qui n'intéresseraient personne », déclare Trish Gillam.

Lorsque Gangplank a rencontré les membres du conseil municipal, l'équipe leur a présenté huit initiatives. Selon la directrice exécutive, les initiatives liées à l'éducation, notamment enseigner à Gangplank ce que les universités n'arrivent pas à enseigner dans le domaine des NTIC, ont vraiment parlé à la municipalité. Car outre le développement économique qui demeure, aux yeux des acteurs publics, un argument de taille pour soutenir le coworking, celui de soutenir la jeunesse devient de plus en évident, tant les espaces de coworking deviennent des hubs de connaissances.  

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